Les personnes changent, les contextes aussi, et pourtant certaines relations peuvent finir par provoquer une impression familière : devoir rassurer, craindre l’éloignement, ne plus exprimer ses besoins, beaucoup s’adapter pour préserver la relation, se sentir responsable de l’autre ou prendre ses distances lorsque le lien devient plus proche.
Parfois, ce n’est même pas la situation elle-même qui semble identique, mais ce que l’on finit par ressentir ou par faire dans la relation.
C’est souvent à ce moment-là qu’apparaissent des questions comme : « Pourquoi est-ce que je retombe toujours dans les mêmes situations ? »
Il serait tentant de chercher une cause unique : un certain « type » de partenaire, une expérience passée particulière, un style d’attachement ou encore un trait de personnalité.
En réalité, les dynamiques relationnelles sont généralement plus complexes.
Notre manière d’entrer en relation peut être influencée par notre histoire, nos expériences, les représentations que nous avons progressivement construites de nous-mêmes et des autres, mais également par la personne rencontrée, le contexte et ce qui se construit entre deux individus.
Parler de répétition ne signifie donc pas que nous choisissons consciemment de revivre les mêmes situations, ni que notre passé déterminerait à l’avance nos relations futures.
Il peut cependant être intéressant de se demander ce qui, d’une relation à l’autre, semble devenir familier.
Et pour cela, il faut parfois déplacer légèrement la question.
« Pourquoi est-ce que je rencontre toujours les mêmes personnes ? »
« Qu’est-ce qui tend à revenir dans ma manière de vivre certaines relations ? »
Qu’appelle-t-on un schéma relationnel ?
Le terme « schéma relationnel » est utilisé ici dans un sens volontairement large.
Il ne désigne ni un diagnostic ni nécessairement l’un des « schémas précoces » définis dans la thérapie des schémas.
Il permet plutôt de parler d’une configuration relationnelle qui semble se retrouver, sous différentes formes, dans plusieurs situations ou plusieurs relations.
Cette répétition peut concerner ce que nous ressentons, ce que nous attendons de l’autre, ce que nous redoutons, la manière dont nous interprétons certains de ses comportements ou encore la façon dont nous réagissons lorsque la relation devient source d’incertitude.
Par exemple, une personne peut remarquer qu’elle finit régulièrement par :
- se sentir responsable du bien-être de l’autre ;
- avoir peur de décevoir lorsqu’elle exprime un besoin ;
- rechercher davantage de réassurance lorsqu’elle perçoit une distance ;
- éviter les désaccords par crainte de fragiliser la relation ;
- beaucoup s’adapter avant même de savoir ce qu’elle souhaite elle-même ;
- se retirer lorsqu’une relation devient particulièrement proche ou intense.
Pris isolément, aucun de ces comportements ne permet de conclure à l’existence d’un « schéma ».
Ils peuvent parfaitement apparaître ponctuellement en fonction d’une situation.
C’est davantage leur caractère récurrent, la dynamique dans laquelle ils s’inscrivent et la manière dont ils sont vécus par la personne qui peuvent devenir intéressants à observer.